La guerre approche, La Russie (et l’Humanité) ont-elles un avenir ? Paul Craig Roberts

Paul Craig Roberts

Paul Craig Roberts — 25 juillet 2014

L’Europe complice de sa propre chute

Le gouvernement russe a enfin réalisé qu’il n’avait aucun « partenaire » occidental, et se plaint amèrement de la propagande mensongère et de la désinformation publiée  contre lui sans la moindre preuve par Washington, ses vassaux européens et la presse prestituée [jeu de mots composé avec presse et prostituée].
Peut-être le gouvernement russe pensait-il que seuls l’Irak, la Libye, la Syrie, la Chine et Edward Snowden feraient l’objet de mensonges et de diabolisation de la part de Washington.

Il était assez évident que la Russie serait la prochaine sur la liste.
Le gouvernement russe et l’Europe doivent voir plus loin que la propagande de Washington, parce que la réalité est bien pire.
Le Commandant Suprême de l’OTAN Breedlove et la proposition de loi  n°2277 du Sénat montrent clairement que Washington prépare, avec l’Europe, la guerre contre la Russie (voir mon billet précédent).
L’Europe hésite à s’aligner sur Washington pour inclure l’Ukraine dans l’OTAN. Les Européens comprennent que si Washington ou ses larbins à Kiev provoquent une guerre contre la Russie, l’Europe sera la première victime. Washington s’impatiente du manque de complaisance de ses vassaux. Rappelez-vous de la tirade « fuck the EU » de la Secrétaire d’État adjointe, Victoria Nuland. Et c’est justement ce que Washington est sur le point de faire.
La « Loi sur la  Prévention d’une Agression Russe » du Sénat des États-Unis, dont je parlais dans mon précédent billet, se révèle encore plus néfaste que je ne le disais. Si le projet de loi passe, ce qui est probable, Washington se donne la possibilité de contourner l’OTAN et d’accorder à l’Ukraine le statut de « nation alliée » indépendamment de son adhésion à l’OTAN. Ce faisant, Washington peut envoyer des troupes en Ukraine et ainsi engager l’OTAN dans une guerre contre la Russie.
Voyez avec quelle rapidité  Washington transforme la « crise » orchestrée en Ukraine  en « agression russe », sans l’ombre d’une preuve. Du jour au lendemain le Commandant Suprême de l’OTAN et les sénateurs des États-Unis prennent des mesures contre une « agression russe » sans que personne n’en ait aucune preuve.
Avec l’Irak, la Libye et la Syrie, Washington a appris que Washington pouvait agir sur la base de mensonges éhontés. Aucun État, ni le Royaume-Uni, ni la France, ni l’Allemagne, ni l’Italie, ni les Pays-Bas, ni le Canada, ni l’Australie, ni le Mexique,ni la Nouvelle-Zélande, ni Israël, ou le Japon, ou Taïwan ou (ajoutez ici le pays de votre choix…) ne s’est levé pour demander à Washington de répondre de ses mensonges flagrants et de ses crimes de guerre. L’ONU a même accepté l’ensemble des mensonges grossiers et manifestes que Colin Powell a proférés devant l’ONU. Les  inspecteurs de l’ONU chargés d’enquêter sur les armes de destruction massives avaient déjà réfuté toutes les affirmations de Powell. Et pourtant les lopettes de l’ONU ont donné le feu vert à une guerre dévastatrice.
La seule conclusion est que tous les pourris ont été payés. Les pourris peuvent toujours compter sur l’argent de Washington. Contre de l’argent, ils sont en train de liquider la civilisation au service de la guerre de Washington, guerre qui sera probablement nucléaire et annihilera toute vie sur Terre. L’argent des pourris brûlera avec eux.
Il n’est guère surprenant que Washington vise désormais la Russie. Le monde a donné à Washington carte blanche pour agir à sa guise. Nous en sommes à la troisième administration de criminels de guerre américains accueillis et honorés où qu’ils aillent. Les autres gouvernements continuent de rechercher les invitations à la Maison Blanche comme autant d’indices de leur propre valeur. Être reçu par des criminels de guerre est devenu le plus grand des honneurs. Même le président chinois vient à Washington pour recevoir l’adoubement de l’Empire du Mal. Le monde n’a pas remarqué les crimes de guerre de Washington contre la Serbie et n’a pas réagi quand Washington a alors traîné le président serbe, qui avait essayé d’empêcher que son pays soit mis en pièces par Washington, devant un tribunal comme criminel de guerre.
Le monde n’a fait aucun effort pour tenir Washington responsable de la destruction de l’Irak, de l’Afghanistan, de la Libye, et maintenant de la Syrie et de Gaza. Le monde n’a pas demandé que Washington arrête d’assassiner des gens au Pakistan et au Yémen, pays avec lesquels Washington n’est pas en guerre. Le monde regarde ailleurs quand Washington crée le Commandement des États-Unis pour l’Afrique. Le monde regarde ailleurs quand Washington envoie des armes mortelles à Israël avec lesquelles seront assassinés femmes et enfants du ghetto de Gaza. Washington vote des résolutions au Congrès applaudissant le meurtre des Palestiniens par Israël. Washington est habitué à ce que le monde lui donne carte blanche pour assassiner et mentir, et l’utilise actuellement contre la Russie.
Le président Poutine a fait le pari qu’en répondant à l’agression américaine en Ukraine sans provocation et d’une manière raisonnable, il démontrerait à l’Europe que la Russie n’est pas la cause du problème. Ce pari n’a pas porté ses fruits. Les pays européens sont des nations captives, incapables de penser et d’agir par elles-mêmes. Elles ploient devant la volonté de Washington. Pour l’essentiel, l’Europe est une non-entité qui suit les ordres de son maître. Si le gouvernement russe espère empêcher la guerre avec Washington, qui serait vraisemblablement la dernière pour la vie sur Terre, il doit agir maintenant et régler le problème ukrainien en acceptant la requête des provinces séparatistes : la réunification avec la Russie. Une fois votée la proposition de loi 2277, la Russie ne pourra sauver la situation sans une confrontation militaire avec les États-Unis, car l’Ukraine sera déclarée alliée des Américains.
Le pari de Poutine était raisonnable et responsable, mais l’Europe l’a laissé tomber. Si Poutine n’utilise pas la puissance russe pour mettre fin au problème ukrainien tant qu’il le peut, la prochaine action de Washington sera de lâcher la bride à ses centaines d’ONG (Organisations Non Gouvernementales) en Russie, dans le but d’accuser Poutine de trahison pour avoir abandonné les populations des anciennes provinces russes – que les responsables soviétiques ont de façon inconsidérée rattachées à l’Ukraine.
Le problème quand on est dirigeant, c’est que l’on hérite des problèmes suppurants laissés par ses prédécesseurs. Poutine, lui, est face aux problèmes légués par Eltsine. Eltsine a été un désastre pour la Russie. Il était la marionnette de Washington. Il n’est pas certain que la Russie survive aux erreurs d’Eltsine.
Si Washington parvient à ses fins, la Russie ne subsistera qu’en tant qu’État fantôche, marionnette des États-Unis.
Dans un éditorial précédent, j’ai décrit l’article de Foreign Affairs, le journal de la communauté washingtonienne des affaires étrangères, qui fait valoir l’argument selon lequel les États-Unis ont un tel avantage stratégique sur la Russie en ce moment qu’une “fenêtre d’opportunité” existe pour éliminer la Russie comme frein à l’hégémonie américaine, en lançant une frappe nucléaire préventive.
Il est presque certain que l’on est en train de dire à Obama que le président John F. Kennedy a eu cette opportunité mais ne l’a  pas utilisée, et qu’Obama ne doit pas la laisser passer une seconde fois.
Comme Steven Starr l’a expliqué dans un éditorial invité, il n’y a pas de gagnants lors d’une guerre nucléaire. Même si les États-Unis échappent aux frappes de représailles, tout le monde mourra, quoi qu’il arrive.
L’opinion des néoconservateurs de Washington, qui contrôlent le gouvernement d’Obama, est qu’une guerre nucléaire peut être gagnée. Aucun expert ne soutient cette hypothèse mais ce sont les néocons qui sont au pouvoir, et non les experts.
Le peuple des États-Unis est aux abonnés absents. Il n’a aucune idée de son destin probable. Les Américains sont un peuple mal informé, préoccupé par leurs problèmes financiers et personnels croissants. Si les Européens ont une vision plus claire, ils ont décidé de vivre pour le moment avec l’argent de Washington.
La vie sur terre est confrontée à la lutte pour l’hégémonie de Washington dans l’indifférence générale du reste du monde.
Les Américains, préoccupés par les dettes non finançables de Washington et la viabilité de leur future pension de Sécurité Sociale, ne vivront pas assez longtemps pour en profiter.
Source : www.paulcraigroberts.org

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