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Le Meilleur des mondes : la prédiction dépassée d’Aldous Huxley

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S’il vivait encore de nos jours, Aldous Huxley (1891-1963) serait sans doute amené à constater combien son anticipation d’un “Meilleur des mondes” est aujourd’hui complètement dépassée.

Aldous Huxley publia son roman prémonitoire en 1932. Vingt-six ans plus tard, en 1958, l’écrivain constatait dans son essai “Retour au meilleur des mondes” combien ses prédictions entraient déjà dans les mœurs, plus rapidement encore qu’il ne le pensait.

« La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader, un système d’esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l’amour de leur servitude. »

Qui ne reconnaitrait pas encore nos pseudo-démocraties dans ces lignes au scalpel devrait lire la description qui suit (extraite comme la précédente citation du “Retour au Meilleur des mondes”) :

« Sous la poussée d’une surpopulation qui s’accélère et d’une sur-organisation croissante et par le moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation des esprits, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques — élections, parlements, Cours suprêmes, et tout le reste — demeureront, mais la substance sous-jacente sera une nouvelle espèce de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu’ils étaient au bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions de radio et de tous les éditoriaux. Entretemps, l’oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs des esprits, mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera. »

Il faut avoir l’esprit sérieusement chloroformé par la propagande mainstream pour parler encore de démocratie occidentale dans des pays où les candidats présentés aux électeurs sont préalablement sélectionnés et adoubés par les milieux financiers (qui financent ou non leurs partis et leurs campagnes électorales), les instituts de sondage (qui imposent ou détruisent leurs images selon des critères édictés par les classes dominantes) et par les médias (qui décident de la place qu’ils leur accorderont pour présenter — ou non — leur projet).

La plus pitoyable caricature du “Meilleur des mondes” selon Huxley ne se trouve-t-elle pas dans les institutions supranationales du monde présent (celles de l’Union européenne, par exemple) ?

Leur incommensurable bêtise

Il y a cependant une chose qu’Aldous Huxley n’avait pas anticipée : l’usure de ce système oppressif à visage démocratique, puis son effondrement sous l’effet conjugué de causes hautement destructrices :

    • l’éclatement de la bulle financière dans laquelle s’étaient réfugiées ses élites ;
    • la décomposition de son univers économique reposant exclusivement sur l’exploitation de ressources énergétiques en voie d’épuisement ;
    • le total délitement moral et intellectuel de dirigeants politiques dégénérés (de Bush à Obama en passant par des Berlusconi, des Cameron, des Chirac, des Sarkozy ou des Hollande, des Juncker, des Dijsselbloem ou des Hillary Clinton…) ;
  • le poids de la menace climatique déclenchée par l’irresponsabilité absolue des sus-nommés et des lobbies qui les font danser.

La multiplication de l’arsenal répressif visant tous les citoyens (lois d’exception à prétexte antiterroriste, militarisation outrancière des forces dites “de l’ordre”…) montre que les apparences démocratiques de cette dictature bonasse ont mordu la poussière et ne suffisent plus à en garantir la pérennité. Nul doute que devant ce constat sans appel, Aldous Huxley, qui, lui, était intelligent, aurait revu sa copie.

Car l’agitation puérile des oligarchies du vieux monde face aux menaces des barbares à ses portes[1] achève d’ébranler leur lamentable édifice, miné par leur incommensurable bêtise.

[1] Sont indistinctement considérés comme “barbares” par l’Empire tous ceux qui n’obtempèrent pas à ses règles dissolues : des islamistes forcenés d’ISIS ou d’Al Qaïda, aux pays réfractaires des BRICS, en passant par le réveil en leur sein d’Indignés des castes inférieures (Grèce, Espagne…).

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